Code d'honneur.

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  • Le 14/04/2013
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Code d'honneur.

Qu'est-ce que l'honneur ? Les divers définitions convergent vers le même concept. Pour les uns c'est : une considération qui suit la vertu, une estime, le courage, le talent. Mais aussi : un sentiment que l'on a de sa propre dignité. Dans tous les cas c'est une estime de soi-même en conformité avec ce que l'on pense correct et/ou ce qui est admis comme correct par l'entourage. L'honneur est un concept qui fait loi. Il est en opposition à la pensée anarchiste qui refuse toute soumission de quelque nature que ce soit. Les lois de parole ou écrites n'ont aucune valeur pour l'anarchie pure. Seul son propre bon vouloir domine. C'est le summum de l'individualisme dont l'égoïsme est le serviteur. Lorsque l'humanité était gouvernée par la parole engagée, donnée aux autres, l'éthique était le maître des conduite et l'honneur son serviteur fidèle. Mais aujourd'hui les lois sont écrites dans un code civil. Ainsi l'humanité est gouvernée par l'écrit par une forme d'intelligence abstraite qui ne laisse aucun choix à la compréhension individuelle si ce n'est de chercher à lui échapper pour se reconnaître. Le code de lois écrites est un appel à l'adaptation personnelle et l'opportunisme intelligent est son maître. C'est un mode qui vise à simplifier la vie et qui au final ne fait que la complexifier.

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Le code d'honneur n'est pas un livre aux phrases similaires pour tous, mais un système de pensées que chacun devra intégrer pour être cité à vivre au milieu de tous. L'honneur revalorise un individu au sein de sa communauté par ses capacités à se faire reconnaître comme valeureux. Toutes les sociétés naissantes se basaient sur un code communément admis avant même d'être écrit. Lorsqu'il est écrit, les individus n'ont plus d'autres solution que de s'assujettir aux écrits. Les hommes d'honneur sont liés par un serment intérieur qui les suit jusqu'à leur mort. Ce serment devient leur guide pour tous les actes, paroles ou pensées de leur vie. Et, à moins qu'ils ne soient déliés de leur serment par celui ou ceux auprès duquel ou desquels ils les ont prononcé, alors, la nature de ce serment ne les quitte jamais par un lien originel. Combien de fois a t on vu une loi écrite interprétée, modifiée, abrogée au gré des intérêts de ceux qui les écrivent de sorte à soumettre tous ceux qui sont obligés de les respecter de gré ou de force.

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L'honneur demande de se reconnaître à travers l'esprit commun qui lie tous les hommes d'honneur : la rigueur envers soi-même pour suivre ses propres engagements. C'est l'oubli de soi, la réduction de l'égo capricieux. Si la loi écrite est celle des hommes faite par les hommes pour cercler leurs droits, le code d'honneur est une parole donnée par un serment qui se voue aux devoirs de l'homme. Cet engagement est au-delà d'un simple reflet social humain et temporel. Les droits des hommes sont d'une nature jouissive. Ils invitent les hommes qui s'y réfèrent à profiter de la vie dans la mesure de ce que la législation écrite pour tous les y autorise. Comment la mort pourrait elle être reconnue et comprise par ceux qui la considèrent comment une souffrance finale mettant un terme aux plaisirs autorisés ? Le pouvoir d'écrire les lois est une jouissance comparable à la richesse, aux plaisirs du corps, et ceux qui l'écrivent ne se sont jamais limités en cela. Les devoirs sont par nature une contrainte à une règle. Comme elle n'a jamais été écrite, ceux qui la suivent le font par consentement et n'ont de plaisir que la satisfaction moral et intime d'être conforme aux principes qu'ils ont acceptés. La mort fait partie de ces principes acceptés, car elle n'est que la phase final des engagements envers ce monde. L'honneur est sans limite car l'esprit qui s'y réfère se repose sur l'esprit de ceux qui l'ont précédé dans l'honneur et demeurera une référence future pour tous les hommes d'honneur à venir. En opposition, la loi écrite est tellement limitée qu'en tous domaine où elle essayera de statuer, elle devra se modifier, se réformer au gré de l'évolution de la société dirigée. ...///...société On aurait tendance à penser que les lois écrites donnent la pacification des sociétés. Dans nos démocraties cela semble un point acquis. Mais face aux lois écrites par des dictateurs sanguinaires, il serait bon d'en douter. La pacification d'une loi écrite ne dure qu'un temps. Le temps de voir le pouvoir changer de main. Une ratification sur un code civil et ce qui était bon avant ne l'est plus ensuite. Le code d'honneur ne se fie qu'à l'éthique transmise de générations en générations. Quelque soit le changement de pouvoir, que celui-ci la reconnaisse ou non, l'éthique demeure car elle est le mortier d'une société qui unis des hommes aux même valeurs intemporelles.

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La loi écrite est comme un cocon qui engendre la peur. Il a un côté rassurant car il est toujours là, écrit, comme une référence immuable en apparences. Un homme se sent ainsi protégé par des lois contenues dans un livre, un objet matériel commun, et sa sécurité repose sur des dispositions qu'il incombe à d'autres de remplir. Les représentants de la loi ont l'exclusivité des actes de protection et ils, politiciens, juges, policiers, deviennent ainsi ses référents. On ne demande aux administrés que d'obéir au code civil sans se poser de questions. Alors qu'un homme qui vit avec le code d'honneur en lui sait que sa sécurité ne dépend que de ses capacités à communiquer et s'harmoniser directement avec tous ceux qui suivent les mêmes règles dans le respect des us et coutumes issus de l'honneur. La tendance inverse porterait donc à penser qu'une société dirigée par le code d'honneur uniquement serait une société immergée dans la peur de ceux qui le transgresserait. Le code civil n'est il jamais transgressé ? Il est intéressant d'imaginer ce que serait la réponse opposée à une problématique évidente pour voir ce qui se passe. A titre d'exemple, il fut une expérience faite dans une petite ville du Texas ou le shérif décida que le port d'arme devait être obligatoire. Même de format réduit, tout citoyen devait avoir une arme à feu sur lui. Incroyablement le nombre d'incivilités fut en chute libre. Imaginez vous un cambrioleur qui déciderait d'attaquer la banque et qui, avec son pistolet à 8 cartouches, se retrouverait devant vingt clients armés... Aucune chance. où qu'il puisse fuir, chaque passant peut faire feu sur lui. Même une simple vieille dame avec un pistolet de poche dans un porte monnaie peut lui en placer une dans une jambe ou pire si elle ne sait pas tirer...

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Nous sommes conditionnés par nos systèmes soit disant de sécurité qui profitent à ceux qui jouisse du pouvoir de faire les lois et l'opportunité des richesses qu'elles offrent. Plus les lois sont nombreuses et complexes plus les manques de respects restent impunis. La peur n'échappe pas à ceux qui restent cloitrés derrière des lois écrites. Au contraire l'individualisme isole et renforce le sentiment de proie facile qu'à le mouton bien obéissant au sein du troupeau. La peur n'évite pas le danger, bien au contraire... Et comment peut on être courageux lorsqu'on a peur ? C'est précisément la peur qui donne une chance d'être courageux, mais pour cela, il faut un code d'honneur.

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C'est ainsi que dans la tripartition indo-européenne, c'est principalement les guerriers qui cultivent et entretiennent le code d'honneur. La guerre confronte les hommes à la peur de mourir, et c'est l'honneur des hommes de guerre qui permet de respecter l'adversité, jusqu'à faire naître parfois une admiration réciproque, premier pas vers la fraternisation. Là où il n'y a pas d'honneur, il ne peut pas y avoir de fraternisation et ensuite de paix. Cette paix surgît de toute part grâce à la reconnaissance de la fraternité des hommes d'honneur. Cette fraternité est reconnue à travers des valeurs et des souffrances partagées au-delà des raisons qui furent causes de guerre.

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La déviance au code d'honneur, car rien n'est imperfectible, survient lorsque tout problème se résout par une lutte à mort au nom de l'honneur. Cette poussée d'excès vient de l'orgueil. En d'autres termes, cela arrive lorsque les homme d'honneur ont tant bravé la mort par discipline propre qu'ils en deviennent prêts à risquer leur vie pour une valeur qui n'en est pas une, l'arrogance. La mort n'est pas synonyme de souffrance ou de bonheur mais de sagesse. La mort impose l'humilité en le sens qu'elle concerne tout le monde et est imprévisible. Le manque d'humilité est le point d'éloignement du code d'honneur que la partition des hommes de sagesse, druides, bardes ou ovates, devient une référence supérieure. Je n'ai jamais entendu de guerrier qui aient risqué leur vie n'avoir pas eu à un moment donné un authentique besoin de foi spirituelle. Qui côtoie la peur et la mort recherche une référence qui lui donne espoir et courage. Inversement, plus la vie des homme est douce et agréable, moins ils se tournent vers les choses spirituelles. En Terre celte, c'était les druides qui étaient et resteront la référence spirituelle inspiratrice des hommes d'honneur.

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L'essence de l'honneur est la sagesse, celui de la loi écrite est l'intérêt. Il n'y a aucun intérêt dans la sagesse, ceux qui s'y vouent le savent. Notre monde en est un bel exemple. La discipline des hommes de sagesse est la même que celle des hommes d'honneur. Ces derniers sont juste un peu plus actif dans le monde et moins dans les sphères de l'esprit. Pour les premiers, contrairement aux seconds, la mort n'est pas une courtisane qui nous attire et que l'on repousse, mais une voisine avec laquelle on échange quelques amabilités... Il est ainsi facile de comprendre pourquoi, 2200 ans après la fin des derniers druides, l'écriture n'était destinée qu'aux choses sans grande importance.

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Les hommes d'honneur sont rares de nos jours, tout autant que les hommes de sagesse. Mais des temps très sombres se profilent à l'horizon. Il est plus facile de reconnaître la lueur d'une bougie dans l'obscurité qu'en plein soleil. Inévitablement, des hommes d'honneur se lèveront et chercheront à retrouver la source de sagesse qui sera leur éthique. Plaise aux dieux, que des druides soient suffisamment éveillés pour les inspirer ! Des temps semblables à une aurores pourront alors renaître. C'est la force du code d'honneur, le feu de Teutatos, qui allume l'espoir du renouveau.

Code d'honneur

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