Mediosamonios. (solstice d'été)

Mediosamonios (solstice d'été).

Mediosamonios (solstice d'été).

Mediosamonios, "le milieu de l'été", est l'apogée de la lumière. Dans la nature cela se transforme en une densité maximale des couleurs. On le voit par l'explosion de variétés de fleurs, l'intensité du plumage des oiseaux, l'assombrissement du vert des feuilles. la saturation de la lumière revalorise les couleurs comme une intensification de la vie. Cela s'exprime également par une multiplication quasi infinie des potentialités des expressions de la vie. Il y a comme une accélération des processus de création. La nature semble faire une infinité de connections, d’alliances comme une conquête établissant un monde sans fin dans l’espace et éternel dans son développement.

10429546-table-de-pique-nique-dans-la-nature-bel-ete-avec-un-fond-etonnant-paysage.jpg

En suivant le cheminement de l'existant, sorti des ténèbres hivernaux à l'équinoxe, nous en sommes à la troisième étape. Cela correspond à la troisième branche du triskèle, illustration des trois partitions sociales. Elles sont trois tendances au sein desquels certains se retrouvent une forme de tempérament, ou de vocation. Nous arrivons à l'avènement des hommes de l'art. Nous pourrions résumer cela brièvement par les fonctions sociales attribuées aux paysans, artisans et commerçants. Mais cela paraît un peu simpliste. Autant mettre la charrue avant le bœuf, c'est à dire, ne voir que le résultat sans en chercher la cause. Pour comprendre les causes qui entraîne des résultats par nécessité, il nous faut refaire un comparatif dans l'évolution.

fetch.png

Les hommes d'honneur se basent sur une discipline qui permet de faire face au manque. Ce manque est un manque de lumière à l'équinoxe, un manque de certitude dûe à la jeunesse de l'émergence de la vie, un manque de potentialité par trop peu d'expérience. Les hommes de spiritualité sont la marque d'une ouverture lumineuse, une aspiration à la découverte du vivant, une motivation mue par l'inconnu. il sont entre l'origine et l'aboutissement. L'aboutissement est précisément l'orgueil naturel des hommes de l'art qui pensent avoir tous les moyens lumineux à leur disposition. La notion de développement par l'art ne se pose plus comme une discipline qui permet de résister et survivre face à une adversité mais comme une vague de croissance si forte qu'elle semble infinie ôtant toute forme d'adversité. Une vague de lumière qui envahit tout, éclairant le moindre recoin, le moindre secteur de l'existence qui peut être vu et compris. Toute forme d'altérité un tant soit peu obscurcissante est alors comparé automatiquement à un « mal suprême », un empêcheur de développement qu’il faut immédiatement éradiquer.

images-7.jpg

Les hommes de l’art n’ont aucune attirance à l’égard des hommes d’honneur, ni compréhension de cette notion de discipline qui bride l’esprit créatif. Ils ne vivent que par la certitude de ce qui est concrétisé par la forme, cet état palpable et rassurant. Ils rejettent la loi contenue dans le cœur par un serment pour se référer aux lois contenues dans un livre et reconnues assurément par tous de la même manière. Ils l’écriront, la modifieront ou la compléteront à leur gré suivant le développement exponentiel de leur élan social. Mais toujours, c’est le crédit du plus grand nombre qui validera cette certitude. La raison est celle de ceux qui voient grâce à la lumière manifestée et donc tangible. Les hommes d’honneur conservent des concepts fort en eux mêmes, les hommes de l’art ne cessent de se laisser emporter par des changements partagés par la multitude créatrice. Les hommes d’honneur ont la certitude de venir des âges sombres, les hommes de l’art ont la conviction d’aller vers des âges de lumières. Leur référence dans notre monde n’est elle pas le « siècle des lumières »...?

mod-lum-000.jpg

On pourrait penser que les hommes de l’art font meilleur ménage avec les hommes de spiritualité. En effet, ces derniers ne sont plus dans le temps obscure de l’incertitude mais dans celui de l’ouverture d’esprit à la lumière révélatrice. Mais cette réception de luminosité provient d’un profond développement de la conscience comme aboutissement à un développement graduel de l’être. Plus la lumière de l’esprit arrivera en saturation, plus ses effets se feront ressentir à des niveaux plus bas, plus lourds, plus formels. L’esprit se décomposant en plusieurs « corps », du plus grossier au plus subtil (voir article « que suis-je » dans la rubrique 5 éléments), la subtilité de la conscience s’alourdira dans celle des formes mentales de la volition, la distinction et la sensation. Les conséquences sont : des créations essentielles à la vie par volonté de développement de celle-ci. Puis des applications de plus en plus culturelles pour créer un monde d’esprits libres, un individualisme à l’image des dieux. Enfin une hyper créativité dénuée de sens autre que le plaisir individuel de créer. Ainsi le monde crée devient de plus en plus virtuel, détaché des règles de la nature universelle, une ivresse de génie lumineux et aveuglant. Ainsi, progressivement, la spiritualité de la partition des hommes de l’art se perd lentement dans un matérialisme subjectif et sophistiqué. Toute l’intelligence des traditions anciennes se dissout dans la personnalisation des créativités individuelles. Concrètement parlant, lorsqu’on veut une maison, on ne fait plus venir un maçon, un charpentier, un couvreur, etc... on la construit soi-même.

3pigs.jpg

L'expression divine de cette période est celle de Taranis, celui qui envoie la lumière au loin, celui qui descend l'énergie céleste dans la Terre. Il y a là l'expression de l'incarnation maximale et donc, de la fin d'un cycle. Le solstice marque le zénith de la saison de l'été celtique. Teutatos, Belenos et Taranis sont les 3 marques divines de l'ascension de l'été. Cette ascension se caractérise par trois luttes pour le devenir. La lutte pour la survie dans un monde hostile, la lutte pour la transmission du savoir, la lutte pour l'immortalité de l'acquis. Notre monde en est arrivé à se croire immortel. Désormais, tant dans notre suite annuelle que dans un constat social contemporain... l'hiver vient.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site