Genimalacta (solstice d'hiver).

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  • Le 18/12/2013
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Genimalacta (solstice d'hiver).

Cette fête célébrée marque le point le plus profond de la saison hivernale. Elle succède à Samonios qui fut la cassure nette entre l'été celtique et l'hiver. Ce fut le départ de l'extinction de la vie de la nature, l'arrêt des force vitale, la mort symbolique. Cette mort procède de la dilution de l'esprit dans la vastitude de la confusion lorsque tout s'écroule, jusqu'à la perte de ce que nous appelons la conscience. Dans la nature de la descente de la sève à l'hivernation de certaines espèces c'est l'endormissement qui est commencé. Au sein de cet endormissement, se recompose sur les bases mêmes des forces universelles le premier point de départ d'un nouveau cycle. Genimalacta se traduit par "le grand renouveau".

Pour nous humains, cette notion de perte de la conscience peut prendre divers aspects, en méditation, durant le sommeil, un comas ou plus encore dans la mort. C'est sous ce dernier angle que cet exposé l'envisage. La conscience est le siège de la manifestation d'un être vivant, quel qu'il soit. Elle se situe en bout d'expression des cinq corps que constitue un être (voir article référent dans les cinq horizons). Elle est le "corps" le plus subtil de la constitution d'un être, une sorte de corps de lumière, alors que le corps formel est le corps le plus grossier, le plus opaque. Mais comme ce dernier, elle se constitue elle même de plusieurs éléments qui vont de l'externe à l'interne de celle ci. A l'image du soleil elle semble globale tout en ayant différentes constitutions jusqu'au cœur. Lors du passage de la mort, symboliquement fêté à Samonios, après la perte des quatre corps grossiers inférieurs, la conscience en vient à s'absorber elle même, de sa partie externe à sa partie interne. Lors de l'endormissement nocturne au moment du sommeil profond, le phénomène se produit sur le même processus sans qu'il y ait une rupture définitive entre chaque corps grossiers ou subtils. Un lien demeure lors de la mise en sommeil profond, ce lien est la vie. Lors de la mort ce lien est coupé lorsqu'est franchi le point de non retour. Analogiquement, un collier de prières ou de récitations est constitué de les boules qui restent unies par un fil qui le rend utilisable. Les doigts qui l'utilisent peuvent alors rythmer un rituel de paroles sacrées au fur et à mesure que les boules passent entre eux. Lors de la mort, le fil est rompu, les boules du collier se séparent, se répandent partout sur le sol du monde, alors qu'une seule demeure tenue pincée dans les doigts qui tenaient le collier. La boule qui demeure, c'est la conscience interne, la plus subtile, totalement anonyme, les doigts sont en quelque sorte le continuum de vie universel rythmé par le temps.

Par le symbole du dieu Cernunos illustré sur le chaudron de Gundestrup, le dieu tient dans sa main gauche un serpent, Macha la vouivre, qui représente ce fil de vie rompu à l'instant de la mort. La vouivre et Cernunos restent liés comme les deux principes fondamentaux universels. La torque est un attribut qui se porte au coup, la base de la tête, mais aussi au niveau de la rouelle d'énergie de la parole, image incarnée du verbe créateur. Placée dans sa main droite, celle de l’action, elle représente le cycle interrompu mais toujours prêt à recommencer. Elle représente aussi la plus subtile partie de la conscience, qui est alors sublimée dans la vastitude, et dont les bois sur la tête du dieu sont l'expansion sans limite, ni de temps, ni d'espace. Les quatre animaux de l'entourage immédiat du dieu sont les quatre états de couleur différenciés qui constituent cet état intermédiaire à la suite de la luminosité blanche de Cernunos. A droite du couple divin, les quatre autres animaux , dont un est monté par un humain, sont les corps déchus après la mort, dont la partie externe de la conscience.

Contrairement à Samonios qui est une fête lunaire, donc de mouvement irrégulier dans le temps, Genimalacta est une fête solaire avec un caractère fixe. C'est donc sous cet aspect qu'il faut considérer le cadre lumineux qui suit le mouvement de la dissolution des corps et absorption de la conscience extrême, entraînée par la vouivre. Les lumières de Genimalacta, et les échos syllabiques qui constituent principalement ce passage dans le monde "hivernal" de la vie non manifestée sont fixes. Leurs expressions demeurent depuis toujours et pour toujours, elles sont les structures fondamentales de l'univers et des trois sphères indissociables qui le composent : sphère d'attraction, sphère de l'espace, sphère du temps... à l'image du Triquetra.

La mort marque le début d'un lent démantèlement du corps. Durant ce temps, chaque partie infime se verra détachée et transformée en une infinitude de possibilités, chacune régénérée à travers une transmutation en vue d'une autre manifestation de vie. L'esprit procède de la même manière. Chaque constituant de l'esprit, du plus grossier, comme la sensation, au plus subtile, comme la conscience, va se liquéfier jusqu'a devenir ventilé, puis éthéré aux 4 horizons extérieurs de l'espace. Si le corps met parfois des siècles à faire, l'esprit met quelques instants pour se dissoudre. Pour le corps, la notion d'espace demeure sa règle d'expression, et l'énergie d'attraction est le vecteur qui influencera sa décomposition pour un autre état. Pour l'esprit, c'est la notion de temps qui est sa règle d'expansion, et ce sera l'espace qui deviendra le vecteur qui influencera sa dissolution à travers l'état de mort. Lorsque, après la mort d'un être, intervient la période de Genimalacta pour le continuum de vie, il est évident que sur le plan formel du monde dans lequel on vit, la décomposition des constituants du corps ne soient pas achevés. Ceci paraît plus évident en cas d'enterrement, qu'en cas de crémation. L'esprit lui, aura de toutes façons franchit tous les caps de dissolution. Genimalacta fête et symbolise le passage dans la mort où la force de lumière du jour est au minimum, alors que les forces nocturnes sont à leur maximum. Dans l'obscurité totale, la moindre manifestation lumineuse devient comme un phare, un attachement inconditionnel. C’est à ce moment que les forces de la sphère d’attraction reprennent leur place dans un nouveau processus vivifiant, grâce aux liens établis comme des causes durant la vie précédente. Inversement, durant la vie manifestée d‘un être, c'est la lumière formelle qui révèle l'ombre. Ainsi, un méditant cherchera entre deux pensées le vide obscur de l'esprit. L'adepte de la voie des rêves le cherchera par l'obscurcissement de l'esprit lors du sommeil profond. Deux manières d'approcher ce que l'esprit d'un défunt est appelé à réaliser lorsqu'il ne reste plus qu'un continuum de vie anonyme et éthéré. Genimalacta est donc un état purement intermédiaire entre deux existences manifestées. Cet état est une base essentielle. Des huit fêtes annuelles, Geminalacta est la célébration la plus proche de l'essence première de l'univers, une sorte de base essentielle constituant tout ce qui existe, ou n'existe plus, ou n'existe pas encore. Il est donc naturel que ceux qui, de leur vivant, par la méditation, la voie des rêves ou l'étude analytique approfondie ou contemplative des symboles, puissent avoir du mal à exprimer verbalement cet état approché de la mort. Chaque être vivant l’a vécu lors d'un passage entre deux vies, aucun souvenir ne demeure. Si tel était le cas, les souvenirs ne s'arrêteraient pas là mais recouvriraient toutes les existences précédentes. Même la mémoire du plus puissant ordinateur au monde n'y suffirait pas... Etant dans le monde manifesté matériellement, ceux qui ne cherchent pas à le rencontrer sont encore si attachés à l'aspect manifesté matériellement de la vie, qu'ils leur est impossible de seulement l'entrevoir. Il y a une préférence à fermer les yeux de la compréhension, pour se rassurer face à un inconnu aussi vaste.

Il nous faut donc revenir aux symboles pour exprimer l'ineffable vécu. Comme pour raconter un conte à des enfants turbulents qui refusent la responsabilité ultime. Les 5 horizons sont ce symbole universel. Cinq étapes progressives, telle une journée qui voit le soleil se lever à l'est, monter au sud, se coucher à l'ouest et disparaître derrière le nord, pour enfin nous révéler notre réelle place au centre. Durant l'état de Genimalacta, défile successivement une suite de lumières colorées telles des boules brillantes. Des boules blanches, bleues, jaunes, rouges, vertes, de sapin de noël, une suite de sons comme des musiques cantiques ou festives, une suite d'émotion qui nous entraînent vers un avenir, une nouvelle vie pour un continuum de vie sans substance propre. Ce vécu : du "monde blanc", du "monde bleu", du "monde jaune", du "monde rouge", du "monde vert", etc... est si intensément vécu qu’il attire ou répulse puissamment. Cet état peut être paradisiaque ou infernal, suivant ce que les vécus précédents ont forgé comme ligne directrice du continuum de vie. La nouvelle existence trouvera ses ferments dans ces graines de vécus passés, qui ne seront pas des souvenirs mais des tendances instinctives. Le corps et la partie "mécanique" de l'esprit ayant disparu, il ne reste plus rien de tangible qui puisse guider vers une vie future. Seules les habitudes de vie, ces conceptions entretenues, les reflexes profondément ancrés demeurent. Ils demeurent comme une racine d'herbe coupée en automne, prête à repousser une fois l'hiver passé. Les racines à elles seules ne sont pas la plante. Et la plante qui repoussera au printemps ne sera jamais totalement identique à celle de l'année précédente car les conditions d‘épanouissement auront été radicalement modifiées. Cependant, un ronce reste un ronce, un chêne reste un chêne.

Seule une longue et volontaire pratique spirituelle permet un changement par réalisation profonde de ce cycle qui peut demeurer, devenir, ou arrêter d'être infernal. Si le destin est tracé, il ne faut pas oublier que c'est à chacun de tracer son destin à venir. Tout est contenu dans le "ici et maintenant". Cela ne nous apparaît pas comme une évidence à chaque instant, car ces racines du passé sont solidement plantées en nous, au point d'envahir la majorité de notre vie. Notre conscience est emprisonnée dans des certitudes illusoires. Car tel est bien là la question : concevons nous notre existence présente, et une éventuelle existence future, comme un jardin parfumé de senteurs agréables, de couleur harmonieuse ? Ou nous plaisons nous dans une friche remplie de ronces, d'orties de plantes envahissantes et incontrôlables ? Genimalacta est la fête qui correspond à l'état exactement intermédiaire entre deux formes d'existence, c'est la balance ultime, la dernière possibilité de détermination entre ce qui est choisi et ce qui est subi. Pour la majorité ce sera subi, pour ceux qui ont renoncé aux artifices illusoires du prêt à pensé, du prêt à vivre formaté, ce sera davantage choisi. Au delà des lumières secrètes et des sonorités intimes de Genimalacta, s'étend le vide de l'espace. Un vide semblable à la matrice universelle prête à conditionner une vie qui a été "choisie" par maturation, ou qui sera encore implacablement subie par dépit. Une sorte d'embryon de conscience émergera du vide, comme le coeur énergétique d’un nouveau soleil dans l’espace, attirant tout ce qui le révélera comme une étoile lumineuse. Une nouvelle forme suivra, plus aucune détermination universellement libre ne sera envisageable, la volonté sera emmurée dans le monde formel de la sphère d‘attraction, un destin de vie se mettra en route, sur des traces anciennes pour un nouveau cycle.

Mais que faire de tout cela lorsqu'on est vivant, promis à une mort inévitable ? La même chose que lorsqu'on est mort, promis à une renaissance inévitable... On ne peut pas choisir l'instant de sa mort, mais on peut choisir de développer progressivement un état d'esprit favorable pour l'accueillir. On ne peut pas choisir quel sera notre renaissance, mais on peut choisir quel état d'esprit développer durant une vie, nous constituera dans une vie suivante. Notre entourage sera également en rapport, car qui s'assemblent se ressemblent. Et ce choix n'est pas ailleurs et plus tard, mais ici et maintenant, dans chacune de nos pensées, dans chacune de nos paroles, dans chacun de nos gestes, tout en acceptant ce qui à déjà été projeté précédemment, pour notre agrément ou notre désagrément.

Genimalacta (solstice d'hiver).

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