Samonios (Samain).

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  • Le 09/11/2013
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Samonios (Samain).

Comme chaque année, Samonios nous ramène sur le sujet du processus de désincarnation qui suit l'instant de la mort. Il est le pendant à la célébration d'Imbolc qui marque le processus d'incarnation. Samonios est l'essence de la période hivernale annuelle. Ce qui prend la dimension de la rouelle annuelle, prend tout aussi bien la dimension de la rouelle d'une journée, comme pourrait prendre la dimension de la rouelle d'une seconde, ou moins. En une journée, l'Adepte y trouvera une naissance le matin dans le rituel individuel d'ouverture de la conscience et sera entraîné vers la mort, le soir. Il y trouvera la dilution de la conscience avec son rituel individuel de clôture qui l'entraînera vers une renaissance. Nous pourrions aussi bien dire une reconnaissance, re voulant dire de nouveau, con voulant dire avec, naissance voulant dire apparaître : "de nouveau apparaître avec la conscience du monde manifesté". Quant à la rouelle contenue en une seconde, seul un entraînement assidu à la méditation permet d'en ouvrir les portes de la réalisation. La démarche spirituelle de l'Adepte druide conduit inévitablement à un vécu intime de la relation au temps, avec ses conditionnements, et cette union entre l'énergie et l'agrégation, entre ce qui pousse en avant et ce qui demeure inerte. Au fil des instants des jours et des années qui passent, immanquablement les apparences se transforment et leur essence se transmute.

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La naissance se conçoit à trois :le père, la mère et l'enfant qui apparaît. La mort ne se conçoit que seul. La vie est un courant dont l'origine se fonde sur le Triskèle. Il offrira toute sa triple énergie. Durant la période hivernale de la mort, dépouillé de cette énergie dépensée durant l'existence, le continuum vital est projeté tel une boule de billard jusqu'à chercher à retrouver la source du Triskèle. Il faut une volonté forte pour en percevoir le sens durant la période de vie. Les conditions requises deviennent rares. Autrefois, il y avait peu d'hommes sur Terre. L'isolement était naturel et facile à trouver. Le contact avec la nature était aussi plus direct. Ainsi les dieux, en tant qu'expression des énergies intelligentes de la nature étaient facilement accessibles. Les enseignements qu'ils dispensent par une compréhension simple du fonctionnement de l'univers étaient alors une évidence, aussi forte que celle de prendre une voiture pour se déplacer aujourd'hui. La solitude était si aisée pour qui la cherchait que les aspects intimes de la vie finissaient par ne faire qu'un avec l'Adepte druide.

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Aujourd'hui, nous sommes sept milliards d'êtres humains, et nous pourrions parler de surpopulation humaine au regard de la place qu'il reste à la nature. Il n'y a plus de Terres vierges, d'endroits où une société humaine ne se soit organisée en maîtrisant l'environnement pour ses besoins. La nature à été anéantie ou dégradée et la possibilité d'un contact avec les dieux d'autant réduite. Le chemin de solitude est mince et difficile, il doit être choisi soigneusement en acceptant souvent de s'incarcérer soit même aux yeux de nos semblables. Méditer sur la mort nécessite immanquablement un retrait profond.

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Les pistes à suivre permettant d'obtenir les moyens pour s'engager sur des réalisations plus ou moins profondes sont elles aussi manquantes pour le quêteur et la quêteuse sincères. Depuis deux milles ans, le christianisme ne donne aucune réponse plausible en dehors d'une croyance aveugle, dénuée de toute explication. Cette religion donne la peur du manque d'expression mondaine. Même le Christ à eu besoin d'asseoir son message sur des miracles et une résurrection. Un retour dans ce monde avec un corps de sorte à montrer que la mort est vaincue par la vie, pour certains. Un corps de lumière pour montrer qu'il y a un monde supérieur pour d'autres. Toutes les thèses se bousculent mais aucune ne cherchent à enseigner comment mourir soi-même. Et tout cela en se basant sur l'utilisation au maximum du potentiel de la nature sans même penser que celle-ci est le fondement de la vie ici bas. On en arrive au recyclage des déchets tant on a épuiser le potentiel de base. Cette peur du manque est un attachement profond aux mondanités et ses reliefs illusoires. On attend encore les miracles qui nous rendrons immortels. Ceux qui ne sont plus reconnus comme venant du messie sont attendus venant de la science. On passe encore d'un extrême à un autre, de la sensibilité de l'affectif au pur rationnel. Il n'y a là rien qui puisse aider un novice authentique, quêteur d'infini, à reconnaître les étapes qui permettent d'aller au-delà du par-delà. La mort est le Magistère ultime pour l'Adepte druide, et à raison de plus pour celui qui en a reçu l'initiation. C'est l'instant de la transmutation du plomb qu'est l'esprit mondain, en or, cet état de clarté infinie qu'est la nature fondamentale de toute chose, donc ce que nous sommes en tant qu'être. C'est le passage à travers le miroir des formes identifiées débouchant sur l'immensité inconnue et généreuse de la vastitude. En cet or, tout reflet est une expression indissociable de l'intelligence divine. Le multiple nommé est l'unique anonyme, l'unique anonyme est le multiple nommé. C'est l'union de tous les opposés au même instant.

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Dans l'existence manifestée, chaque être est en mesure de vivre de manière directe ou indirecte des expériences qui sont liées à la mort. Bien sûr, certains vécus physiquement pénibles, comme des accidents, des maladies, ou d'autres vécus plus éthérés grâce à des rêves nocturnes peuvent avoisiner la mort jusqu'à nous faire appréhender plus ou moins fortement ce moment ou la conscience saute dans l'abîme sans fond. Mais cela est également le cas lors de ce qui est surnommé "la petite mort" par certains pratiquants spirituels, lors de la jouissance sexuelle. Cette dernière peut être vécue de bien différentes façons, suivant les causes et états du désir qui l'entraîne. Il n'en reste pas moins que lorsque le processus physiologique est entraîné vers l'extase, cette aspiration est perçue comme un bonheur à caractère irréversible et aliénant, au même titre que l'état particulier que subit la conscience lors de la dégradation des capacités corporelles qui précédent le passage dans l'au-delà de la vie. Il y a dans les deux cas un épuisement de l'égo. Un épuisement de son emprise sur la vie mondaine qu'il croit maîtriser, une perte de ses capacités à entretenir le théâtral aspect de ce que nous appelons communément le monde véritable. Dans le cas d'une mort par vieillesse ou brutale, il n'y a pas de retour. Dans le cas de "la petite mort" le retour se fait avec un apaisement des deux êtres qui l'ont vécus, pouvant déboucher sur une autre vie, celle d'un nouvel être incarné. Bien évidement, ce qui est décrit là concerne une union choisie par les deux pôles, masculin et féminin, dans un acte équilibré, vécu de même intensité, en accord parfait, basé sur une harmonie entre les deux Adeptes. Ces qualités offrent à l'esprit uni des amants une pureté, sans la trace d'une acquisition, d'une avidité, sans pensées mondaines ou l'égo trône. A l'instant même de l'extase commune et simultanée, aucune activité de l'esprit ordinaire ne peut s'emparer de la conscience du moment présent. Seule l'immédiateté de l'Union dans le courant de l'Amour partagé demeure. Lorsque l'esprit revient ensuite à un niveau ordinaire, rien ne peut être capturé de ce vécu par l'égo et ses contingences. Le seul héritage est l'Amour bienveillant. Cet état d'union est l'état d'immensité généreuse uni à la présence lumineuse de cette énergie universelle qu'est l'Amour. La compréhension d'une union vécu comme la "petite mort" entre deux adeptes et la mort terminant une vie offrirai de nombreuses perspectives notamment celle de la compréhension du point de non retour. Mais la confusion qui règne dans les esprits animés par un affectif instable, ou une avidité dégradante, limite immanquablement un présent exposé des détails. De plus, il y a des enseignements propres au pôle féminin, d'autres propres au pôle masculin qui devraient nécessairement être distincts et enseignés séparément, ce qui est impossible ici.

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Pour tenter d'approcher une compréhension sommaire du processus qui se déroule dans la grande mort comme dans la petite, il est nécessaire d'entrevoir l'idée d'une composition interne de tout être vivant. Ceci concerne d'abord un réseau d'énergies universelles semblables au panthéon des dieux. L'Inde ancienne est certainement la civilisation qui nous aura laissé le plus d'éléments de compréhension, à nous, "indo-européens" en mal d'avoir tout perdu sur ces sujets, depuis si longtemps. Parmi toutes les "Terres" et les "voies" qui y mènent se trouvent 5 points résiduels où l'énergie est à un fort taux de concentration. Certains en voient 6... Pourquoi pas. Cela dépend encore de l'école qui l'enseigne et de ses particularités. Ces énergies internes sont de l'ordre des symboles et il est donc difficile d'en prendre la mesure autrement que par une expérimentation individuelle. Plusieurs types de pratiquants, donc plusieurs visions demeurent possibles. Mais toujours 5 centres d'énergie sont admis, et parmi eux 3 concernent la vie : celui de l'occiput au sommet de la tête, celui de la gorge et celui du cœur au centre de la poitrine. 3 concernent la mort : celui du sommet de la tête, celui du cœur et celui, dit secret, au niveau du sexe. Nous n'entreront pas dans les détails correspondant aux sons, aux couleurs, aux signes divins, aux offrandes et autres détails liturgiques lors des rituels et méditations. Lors de la mort, à l'arrêt complet du cœur physique, les rouelles d'énergies, celle du bas, secrète, et celle du haut, externe s'attirent l'une l'autre. Celle du haut correspond à la polarité initiale masculine de couleur blanche, celle du bas à la polarité initiale féminine de couleur rouge. Elles sont irrémédiablement attirées vers la rouelle centrale du cœur, de couleur bleue, par le manque provoqué par l'expiration ultime, comme pour compenser une inspiration qui ne vient pas. Notre personne physique, intégrant l'être pensant que nous sommes, se conçoit elle même comme un rocher dans l'océan qu'est l'univers autour de nous. Compacts, monoblocs, différenciés des autres rochers, nous pensons de manière convaincue que nous sommes indestructibles, remplis de matière et de toutes ces subtilités fantoches que sont nos expériences, nos pensées, nos opinions et surtout notre caractère propre, notre individualité. Lorsque vient notre expiration ultime, ce qui reste de l'esprit conscient de vivre se rend compte que le rocher n'est pas plein, qu'il est vide de tout contenu. Le réservoir "rocher" rempli de choses éphémères se retrouve vide. Alors, par les deux centres du haut et du bas, poussés comme deux bouchons vers le cœur par la force du vide infini qui pénètre en nous, les germes initiaux masculins et féminins s'unissent à nouveau dans le cœur. Lorsque l'espace infini rentre dans le corps à la place d'une nouvelle inspiration, les 3 parties grossière de l'esprit s'affaissent. Les sensations disparaissent, l'identification est perdue, l'orientation entre passé présent et futur comme celle de l'espace est dissoute. L'esprit ordinaire éclate comme une bulle de savon et ne demeure qu'un état de conscience pur propre à la nature fondamentale de tout être. A cet instant là, il est souhaitable que, dans cette vastitude, la fébrile trace lumineuse du continuum de vie puissent être attirée vers la sortie supérieure ce qui, pour l'Adepte, engagera une suite prometteuse de son Magistère.

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Il n'est habituellement pas d'usage de divulguer ce genres de propos sur un moyen de grande audience comme internet. Mais les temps de chaos sont proches... A l'époque de Maître Flamel et de Dame Pernelle, l'inquisition en aurait brûlé pour moins que cela. Mais les inquisiteurs d'aujourd'hui sont devenus tellement mégalomanes qu'ils se moquent bien de ce type d'écrits. Il reste pertinent à mon esprit que sur l'ensemble des personnes qui liront ces mots, la très grande majorité n'y accordera qu'une oreille amusée. Une partie en tireront quelques intérêts propres à les informer sur d'autres recherches plus adéquats. Une petite partie y trouvera un éclair dans la nuit qui les guidera bien plus en avant. Et si il en est un qui les développe jusqu'à pouvoir recevoir initiations et accomplissement, mon cœur se réjouit de savoir qu'il sera le ferment d'une transmission digne de celle que j'ai reçu. Puisse t-il avoir la bonté de m'accorder une place au milieu de ses disciples lorsque ma dernière expiration m'aura conduit près de lui... J'offre ces mots d'Amour en remerciement à mes pères et mères du passé, du présent et du futur.

Samonios (Samain).

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