Satios (équinoxe de printemps).

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  • Le 21/03/2013
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Satios (Les semailles de l'équinoxe de printemps)

Un équinoxe de printemps parmi d'autres où se feront les semailles du destins. Le départ d'un nouvel élan, un nouvel été où, comme depuis des temps immémoriaux, le soleil s'annonce prometteur d'espoirs fertiles. Mais dans notre monde de progression matérielle en phase finale, mais encore conçue comme sans limites, l'espoir s'amenuise. L'excès de fertilité finit par tuer la fertilité, comme tout excès finit par tuer ce qu'il représentait de pur à l'origine. Il n'est pas un domaine de la vie de ce monde qui ne soit enclin à une vision triste de l'avenir. Cet équinoxe marque le départ d'un été celtique dans une année de déclin. Une année de plus qui augmente la croissance d'un long hiver temporel pour l'humanité et peut être plus particulièrement pour le monde occidental.

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Symboliquement, l'annonce du printemps est un message de renaissance, de répartition et de redistribution des forces de la nature que le soleil réveille par son rapprochement de la Terre. C'est un retour incarné de valeurs fortes dans une énergie tumultueuse. Pour l'ancienne école qui est mienne, c'est l'esprit de Teutatos qui se manifeste. Ce temps lié à la fougue de la jeunesse est également celui des idéaux purs et nobles. Ainsi, émergeant de l'hiver et de son lien fort avec la mort, ce temps est donc celui de l'inconscience qui brave tous les périls au risque de sa propre vie. Lorsqu'on observe la nature naissante du printemps, on n'a aucun mal à constater combien la course à la vie, à sa résurrection et son développement se fait de manière irréfléchie et intrépide. C'est l'instinct qui prédomine. Les espèces végétales et animales ne font de cadeaux à personne lorsqu'il s'agit de croître en un emplacement, déterminer un territoire, trouver une femelle ou un male pour s'accoupler, s'emparer d'une source de nourriture. Tous les coups sont permis dans la course à la survie de l'espèce au point qu'il n'est nullement question d'individualisme. Seul la préservation de la famille, du groupe, de la communauté et donc de l'espèce compte. Et pour ce faire, des règles strictes sont suivies sans dérogation arbitraires et égoïstes.

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Il paraît évident que les hommes et les femmes occidentaux plus particulièrement, bien que l'individualisme se propage plus rapidement que la peste, sont en dehors de ce système de vie orchestré par les cycle de la nature, inclus dans les cycles régissant l'univers. Les humains se sont dissociés de leur cadre de vie au point d'en avoir pris un total contrôle. Mais pour combien de temps ? A force de se penser supérieurement perché sur un piédestal, fatigué par l'orgueil maintenu, coupé de ses racines, épuisant toutes ses ressources, la chute est inévitable. Mais il ne peut en être autrement. Rien n'est éternel. Lorsqu'on à un minimum de sagesse pour se retourner sur le passé, on ne manque pas de reconnaître des situations dont les bases étaient analogues. Combien de royaume, d'empires, de sociétés avancées ou de civilisations évoluées au point de se croire indestructible pour mille ans se sont effondrées en quelques années, minées par la folie de grandeur.

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Le début du printemps d'une civilisation est le moment ou une partie d'un monde moribond voit ses composants se régénérer, se reconnaître pour s'assembler autour d'un instinct de survie imposé jusqu'à le transformer en un élan communautaire. Nous assistons actuellement sur un plan social à une montée de communautarismes désordonnés et opportunistes. Mais ces communautarismes se font sur les restes d'une civilisation matérialiste et technologique en déclin. Qu'une source d'approvisionnement fondamentale se tarisse définitivement et le château de cartes s'effondrera dans un néant digne des âges les plus sombres. Les celtes sont de loin les moins préparés à ce basculement. Tenaillés entre la bonne conscience et l'individualisme chronique, il sont une proie facile pour les prédateurs du destin.

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Teutatos, l'esprit tribal ou communautaire, est lié à Madura, la terrible. Ce couple divin n'enchante guère nos esprits paisibles, car il évoque des forces incontrôlables qui peuvent engendrer un esprit guerrier qui rappelle la peur de la sueur, du sang et des larmes, comme le disait W. Churchill. Ces mots évoquent la mort, cet état si éloigné de nous psychologiquement. Quelques décennies de pais on suffit à éradiquer tout esprit de résistance guerrière, d'affirmation de son identité et en conséquence de survie de l'espèce. Toutes les espèces composantes de la nature disparaissent lorsque Teutatos ne s'exprime plus en elles au printemps. La survie au milieu des autres espèces est une lutte permanente. Un seul manquement et c'est la disparition, car au printemps, au moment ou le grand changement s'effectue, c'est une course à qui sera le mieux placé pour les temps difficiles.

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L'homme n'est plus un animal, c'est indéniable, mais de là à l'exclure d'un vaste système de vie réglé de la galaxie à l'individu... Lié à un équilibre social et environnemental comme toute autre forme de vie, son existence est fragile. Combien d'hommes ont permis à d'autres hommes de naître et de vivre libres, d'assurer leur descendance en exposant leurs propres vies face à une adversité représentée par d'autres hommes. Si des hommes ne s'étaient pas battus et n'avaient pas acceptés de tuer durant la seconde guerre mondiale, contre le nazisme, aurions nous pu bénéficier de cette liberté qui me permet d'écrire ce mots et vous de les lire ? La guerre contenue dans l'énergie de Teutatos est d'abord une énergie de survie. Un mondialisme multiculturel de benis oui oui, où les causes de notre survie ne se posent même plus à nous, ne peut plus avoir cette sagesse, cette conscience de la fragilité de l'existence au regard de la disparité des constituants. L'idéologie qui se veut supérieure, par ses valeurs, à toute autre forme de pensée, contient en elle même les causes de sa propre destruction issue de ses excès. On assiste en direct à une montée guerrière couvée par le pacifisme au nom de ses valeurs de tolérance et d'égalitarisme. De plus en plus de penseurs libres se retrouvent pris en tenaille entre des communautés identitaires prêtent à la guerre pour leur développement, et un bloc mondial pacifiste qui abuse d'un pouvoir d'expression pour sa propre sécurité et la survie de son confort matériel. L'homme n'échappera pas aux lois de la nature qui forgent son destin dans l'opposition de la recherche de croissance de certains à la préservation des moyens établis pour d'autres.

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A la suite du néant non crée, partir de l'instant où émerge la vie, inévitablement se pose la nécessité de donner la mort pour entretenir la vie. Nul ne peut survivre sans le sacrifice d'une autre vie pour alimenter la sienne. Même de gentils végétariens devront supprimer la vie contenue dans les plantes pour leur nourriture et préservation naturelle. Quelque soit l'horizon où se pose notre regard, certains doivent périr pour que d'autres survivent. Alors, bien sûr, la hiérarchie morale veut que : supprimer la vie d'un végétal soit moindre que celle d'un animal, et encore moindre que celle d'un humain. Même si il y a encore un humano centrisme qui se place en haut de la hiérarchie, il faut bien admettre que la sagesse vise en premier lieu le développement de ce qui nous ressemble. Mais en tous lieux, tous temps et toutes circonstances ses nécessités. L'interdit absolu n'existe pas davantage que les miracles merveilleux. Il y a toujours eu et y aura toujours une notion de sacrifice douloureux. Il en est ainsi depuis la nuit des temps et Teutatos illustre cette énergie de survie prête au sacrifice. Mais entendons nous bien. Le sacrifice contenu dans l'expression de Teutatos est à double tranchant. Il serait illusoire de penser, que seul l'extérieur à soi-même, ou de ce qui nous paraît semblable à nous même, doive être sacrifié. Ce serait encore une résurgence de supériorité. Le sacrifice est ancré au plus profond de nous même et dans la lutte pour la survie de ce qui nous apparaît semblable à nous même, c'est précisément nous même qui doit être sacrifié.

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Teutatos est un dieu terrible, Il ne l'est pas tant parce qu'il engendre la guerre, la lutte pour la préservation de l'espèce, de la communauté ou des valeurs référencielles. Mais il l'est, par ce qui nous contraint à accepter notre propre disparition, notre propre destruction, ainsi que la négation par d'autres de tout ce qui peut représenter à nos yeux des valeurs de survie, à défendre ou à faire renaître. Et dans toute lutte, il y a toujours un moment ou ce qui a été victorieux s'affaisse et où ce qui a été sublime devient quelconque jusqu'à être repoussant. Teutatos est la dureté de la vie. Une dureté qui commence dès la première inspiration et qui s'achève à la dernière expiration, au moins sous l'aspect physique du vivant. On ne peut accepter de donner la mort si on ne se tient pas prêt à la recevoir, tel est l'autel des rituels anciens liés à Teutatos. Lorsqu'on à une pensée pour le monde tel qu'il est devenu, arrogant de certitudes matérialistes, on n'a aucun doute quand au fait que les rites liés à cette déité annonciatrices du printemps ne puissent plus être pleinement pratiqués. Mais il reste le culte de la beauté perpétuelle, du chant des petits oiseaux et des jolies primevères qui sortent pour annoncer la belle saison, les vacances, la joie le bonheur...

Satios (équinoxe de printemps).

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