De l'unique au multiple.

De l'unique au multiple.

Le fait d'envisager une carte du monde avec un centre et quatre points autour, c'est à dire, soi même et les quatre horizons pouvant nous engager dans un devenir, reste néanmoins quelque chose d'abstrait. Malgré une manifestation originelle des cinq éléments, un dualisme en ressort cependant entre la notion de centre et celle de la périphérie.

Pour parler de l'univers celtique à travers le pentacle des cinq éléments, il nous faut trouver une expression qui sera plus concrète, qui permettra de ne plus distinguer un point central qui puisse être revendiqué comme supérieur parce que central, mais comme des éléments indépendants les un des autres. Chacun a son propre caractère, comme chaque élément de l'univers est un univers en soit.

Il y a par exemple, l'univers domestique, l'univers affectif, l'univers professionnel, l'univers social, l'univers spirituel, etc... Tout phénomène et son expression est un univers qui d'une panière directe ou indirecte rejoins par certains traits une famille de caractéristiques, d'expression et de sagesse. Et cependant, tous font parti de notre propre univers et sont reconnaissables dans le vaste univers commun à tout le monde.

Ces distinctions, attirantes par la variété qu'elles suggèrent comme autant de couleurs attractives, n'en restent pas moins posées sur cette base dualiste que nous avons vu dans l'article précédent (....). Il y a perpétuellement l'idée du "j'aime" opposée au "je n'aime pas". Ce qui entraine l'idée d'un commencement opposé à une fin. Le dualisme est l'emprisonnement d'un concept qui demeure souvent comme inébranlable. Etudier l'univers dans ses facettes les plus subtiles demande de se détacher du dualisme, ne serait-ce qu'un instant, tout en sachant qu'il est inhérent par principe... L'univers est comme une lutte permanente qui revalorise les instants de paix. Comme l'écume des vagues sur un océan en furie.

Dans cet espace de lassitude ou d'exaltation, il nous faut trouver des repères qui, en tant que simples repères, auront un caractère neutre, non duelle. C'est en ce sens de neutralité que les cinq éléments de l'univers représentent l'éveil entre la nuit et le jour. Ils sont la distinction de cette énergie toujours présente en nous et hors du nous. Demeurer entre cette dualité revient à avoir un point de vue total sur toutes les facettes de l'univers. C'est comme le sommet d'une montagne ou toutes les pentes sont visibles. Lorsque nous montons par un versant de la montagne, ni le sommet, ni les autres horizons que celui par où nous accédons ne sont visibles.

Mais à vouloir vaincre une immense montagne pour y voir tous les horizons dont le sommet, il y a forcément un risque... C'est celui de tomber, ou plutôt de retomber. Mais, là encore, il nous faut réaliser l'impermanence des phénomènes, dont nous. Nous sommes si souvent en attente d'un siège confortable, posé en haut de la montagne, sans faire d'efforts pour y parvenir, y rester bien sûr de manière éternelle... "Dieu sur son trône", quoi...! Forcément, l'idée de glisser et de retomber est gênante, elle fait peur. Etudier l'univers est nécessairement celle d'accepter d'être assis sur le trône de Dieu autant qu'au milieu d'une poubelle. C'est accepter de chuter, comme un ange déchu, le Lucifer (porteur de lumière) qui s'est cassé la figure du paradis des monothéistes, pour finir par devenir le centre de leurs cauchemars, le diable. C'est durant la chute que l'on distingue la particularité de chacun des cinq éléments. Lorsque qu'on se prend pour Dieu, on vit l'illusion des cinq éléments réunis ensembles, comme un seul. Pour bien les connaître, hors illusion, il faut se prendre pour un dieu parmi d'autres, un de ceux qui représentent chacun des éléments. Monothéisme et polythéisme sont comme les deux faces d'un même pièce de monnaie. Vous pouvez privilégier de payer en posant toujours la même face sur le comptoir du commerçant pour lui faire croire qu'il n'y en a qu'une, que l'autre représente le mal qu'il faut cacher. Mais l'important n'est-il pas le produit que l'on souhaite lui acheter ?

En fait, plus on se prendra pour Dieu et plus on sera limité à ne voir que quatre éléments (Terre, Eau, Air et Feu). Si on se prend pour un dieu parmi d'autres, alors on distinguera le cinquième élément, le trône sur lequel on semblait être indéboulonnable, comme un égo immortel. La manière ordonnée sera alors différente : Terre, Eau, Feu, Air et Espace (ou Ether, ou Energie, ou autre chose.....).

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