Ambiuolcios (Imbolc).

Ambiuolcios (Imbolc).

 

Le temps du retour à la vie s'annonce. Malgré un apparent dérèglement des saisons dû à la suractivité humaine qui engendre une modification de notre environnement terrestre, le cours des saisons se suit. L'hiver touche à sa fin ne serait-ce que par le rallongement évident des journées. Dans la sphère de l'inconscient, celui de la mort comme celui du sommeil, c'est aussi un rallongement et l'intensification de la luminosité de la conscience qui entraîne la renaissance, le réveil.

 

Imbolc est une fête lunaire placée sous l'égide de Dana (brigitt). Qui parle de naissance fait allusion à l'enfantement et donc à la mère obligatoirement. Dana est la déesse de la porte de la vie, l'ouverture qui projette depuis le néant la conscience jusqu'à sa pleine luminosité révélatrice des phénomènes du monde manifesté. Il s'agit d'un passage du monde ténébreux au monde lumineux, la naissance du corps et la connaissance ("naissance avec") de l'esprit. La conscience perdu dans l'ignorance suivant l'endormissement était une explosion de tout ce qui constituait l'esprit au moment ou le corps se fige après l'ultime lâcher prise, le sursaut final vers l'infini. Le rêve constitue un regroupement des éléments résiduels de la conscience passée par des signes comme des traces reconnues à travers la peur ou la joie. Qu'est-ce qui reconnaît ? Ce n'est plus la conscience passée qui a été dissoute. Ce n'est plus l'inconscience qui de toute façon ne reconnaît rien car immergée dans l'ignorance. Et ce n'est pas encore la conscience qui est en devenir par incomplète des éléments qui la supportent. On pourrait dire : c'est "le reflet de Esus", en tant que caractéristique commune à tous les phénomènes émanant dans la sphère du néant. La troisième phase est le retour de la conscience dans une volonté propre d'expansion de ce "reflet d'Esus", une force de désir d'être, d'individualisation, d'agrégation de ces traces retrouvées par la clarification de la conscience. Cette conscience à peine naissante va être dirigée vers le miroir. Lors de l'évanouissement de la conscience, il y a comme une traversée du miroir à la Samonios. Imbolc est le mouvement retour, l'émergence depuis le miroir. C'est à cette fête que les mères, les servantes de Brigitt à Tara remplissaient une vasque d'eau pure et lisaient les traits de la destinée de l'année en mouvement vers le futur. Dorénavant, la reconnaissance de sa propre identité va commencer.

 

Dans une vision plus particulière au sommeil nocturne, cette troisième phase correspond aux instants qui précèdent le réveil. C'est un moment où les derniers rêves peuvent être plus clairs et mémorisés. Plus clairs car la conscience à déjà la faculté d'identification, la faculté de reconnaissance des traces laissées lors de la journée précédente. On parlera d'une journée précédente pour tous, comme on pourrait parler d'une vie précédente pour ceux qui ont la capacité de demeurer entre conscience et inconscience. Tels sont les fils et filles de Lugos et de Dana.

 

La succession qui commence par le "reflet de Cernunos" est le passage dans une pièce qui est obscure depuis toujours, c'est la première phase. Puis vient une pièce où fourmillent des lucioles multicolores, fugaces et bruyantes, terribles et subjugantes, c'est la seconde phase, le "reflet d'Esus". La première phase de l'inconscient total est si effrayante pour celui qui y plonge qu'elle annihile toutes possibilités de retour. Les lucioles bruyantes représentent comme autant d'éléments qui nous poussent dans le labyrinthe d'une pièce semi obscure, encombrée de meubles virtuels contre lesquels on se heurte, si on n'a pas entraîne sa conscience de leur virtualité au préalable par des méditations appropriées. La troisième phase correspond à l'allumage d'une succession de bougies au fil de l'avance vers la conscience individuelle. Il y a un effet comparable au rallongement des jours à la suite du solstice d'hiver. Les éléments autour de nous se révèlent, la peur baisse et la curiosité apparait. La reconnaissance grandit en même temps qu'une joie de retrouvaille des facultés issues d'un regroupement de certaines traces laissées là comme autant de piste à suivre. Tout acte à une conséquence. C'est la résultante de ces conséquences qui constitues ces traces.

 

Ces pistes qui sont naturellement suivies nous amènent aux retrouvailles de ce que nous nommons la vie, dans ce monde de manifestations matérielles. Suivant le monde d'apparence où la conscience se dirigera parmi les royaumes d'existence, l'émotion caractéristique à ce royaume prendra forme par une dominance sur l'être apparaissant. Pour nous les êtres humains, l'émotion dominante est celle de l'amour. Celui d'une mère qui porte la vie, telle Dana, entre autre. Une sensation de chaleur douce, d'osmose avec une origine protectrice, une attirance spontanée vers les frères et les sœurs comme autant de reflets variant de notre propre reflet dans le miroir. Dana est l'émergence de la diversité infinie. Une joie sans limite dans la reconnaissance de soi à travers l'autre. L'amour comme force de vie dans son aspect le plus primordial. C'est la fin de la nuit et le début du jour. La force d'une luminosité légère qui s'intensifie. Cette puissance sera l'enfant, Teutatos, le début du printemps. Dana est une énergie universelle première. C'est une vastitude illimitée comme l'espace étoilé, c'est la protectrice sereine, c'est la puissance de l'aube de l'humanité, une origine de l'inenvisageable.

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